La vie, c'est un peu comme le train. Elle avance, fait découvrir différents horizons, ralentit ou accélère, peut faire peur ou rendre euphorique.. Et elle ne s'arrête qu'à la fin du voyage, même si il peut y avoir des escales. Je suis là, assise dans ce tgv et j'y pense. Je suis à la place 52, wagon 10. Il n'y a personne à côté de moi et je peux étendre mes jambes, ce qui est vraiment cool. Il y a quelques secondes je lisais mais j'ai abandonné mon livre pour mon bic, les écouteurs dans les oreilles. Autour de moi je peux voir la population toute entière à travers une dizaine de personnes. Enfants en bas âge, grand-mère enjouée, jumeaux, famille tout entière, homme d'affaire, adolescent à la mine renfrognée.. Et moi, quelle image pourrai-je donner ? Peu m'importe à vrai dire. Je me sens bien, comme à chaque fois que je change de lieu pour quelques jours. Changements d'horizons. Mes yeux se perdent dans les collines qui défilent derrière la vitre, je sais que bientôt je pourrai voir des maisons de campagne, puis des appartements, un centre commercial, des routes, des gens, et enfin la fourmilière qu'est le monde citadin. Pour l'instant je profite de la verdure. On a tendance à l'oublier avec ce rythme de vie incessant. Oui, ça va vite. A quelle vitesse roule-t-on ? Je n'en ai aucune idée. Je tourne la tête. Une mamie me sourit et je le lui rend naturellement. Le naturel.. Mes joues ne sont pas habituées, ça ferait presque mal. Je ne parait plus, je suis. A cette pensée, mon sourire s'accentue, j'en rigolerai presque. Mes yeux se ferment alors sous ce sentiment de bien être. La musique m'envahit, du Tokio Hotel, pour tout avouer. Et ça gonfle mon c½ur un peu plus, parce que j'aime ce son là malgré les préjugés. Je sens que nous arriverons bientôt à destination. Nouvelle escale, tant attendu. J'aime comparer la vie au fonctionnement du train. Les trajets semblent longs mais finalement, cela passe toujours plus vite qu'on ne l'aurait imaginé.